Compte tenu de la politique d’immigration adoptée depuis quelques années au canada et des particularités de ce pays, peut-on considérer que l’action gouvernementale se dirige vers la mise en place de relations publiques citoyennes ? C’est à cette question que l’article veut répondre en dressant un aperçu historique de la question et en examinant les diverses facettes de l’accueil des nouveaux arrivants ainsi que les actions destinées à une mobilisation des diverses composantes de la société d’accueil. Quoi qu’avant-gardiste, ce projet, relativement jeune, est encore à consolider, car il concerne divers acteurs dans un contexte complexe de communication interculturelle, marqué par la différence des situations et la nécessité d’agir de façon continuelle.

La politique d’immigration au Québec est, à bien des égards, différente de celles pratiquées ailleurs dans les pays industrialisés, y compris le Canada dont il fait partie. Dans un contexte international marqué par des flux migratoires intenses, les pays d’accueil se dotent de programmes d’intégration des populations en fonction de leurs besoins : politique d’assimilation aux États-Unis, multiculturelle au Canada, modèle républicain en France. Plus encore, beaucoup de ces pays sont reconnus pour leur ouverture sur l’immigration, mais invitent cependant les populations à se plier à leurs normes internes :

La particularité du Canada, connu pour son modèle interculturel, vient sans doute de ses préoccupations identitaires, de son histoire conflictuelle avec le gouvernement fédéral et de sa volonté d’intégration de ses immigrants. Au cours des années 1970, le gouvernement fédéral, qui a géré pendant longtemps la question de l’immigration, a adopté la politique officielle du multiculturalisme qui considère le pluralisme comme l’essence de la société canadienne. Cette ouverture a permis au Canada de cogérer les flux migratoires destinés à ses provinces qui ont établi progressivement ses normes d’accueil et d’intégration des populations concernées.

Le fait migratoire suscite, en effet, plusieurs questionnements au Québec. En reconnaissant le droit d’immigration aux personnes, la société québécoise intervient dans leur cheminement en vue de leur intégration fonctionnelle. Le multiculturalisme prôné par le Canada qui invite au pluralisme semble réducteur pour cette province. C’est pour cela que le Québec propose le modèle de « convergence » basé sur un contrat moral avec ses immigrants. Ces derniers, en effet, sont appelés à adhérer à des valeurs communes de la société qui reconnaît en échange leur identité, leur différence et les intègre au tronc de ses valeurs communes. Les grilles de sélection ciblent les candidats potentiels qui ont le plus de chances de s’adapter aux normes de la société sans se soucier de leurs traditions, de leurs croyances culturelles et des lieux d’où ils viennent.

Enfin, il est à souligner que ce projet d’intégration citoyenne peut subir des influences externes parfois à cause de l’image véhiculée sur telle ou telle communauté, dans un contexte international en effervescence, ce qui peut retarder les initiatives de synergie sociétale.

Brice Obam
Directeur Marketing Adjoint
Immigration la Référence

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