L’externalisation de l’asile est un type de politiques migratoires menées par les pays de l’Union européenne consistant à délocaliser l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile, ainsi que le traitement de leurs demandes d’asile, dans des lieux situés à proximité des frontières de l’UE, ou dans des pays, situés
L’UE accueille très peu de réfugiés en comparaison avec les États-Unis ou le Canada : ainsi, selon la Commission européenne, « Durant l’année 2010, environ 5 000 réfugiés ont été réinstallés dans l’ensemble de l’UE, chiffre à comparer avec les quelque 75 000 réfugiés réinstallés aux États-Unis la même année. En fait, les États membres de l’UE dans leur totalité acceptent actuellement moins de réfugiés réinstallés que le seul Canada. »

L’externalisation de l’asile, est une expression d’usage courant dans les réseaux de spécialistes de l’asile et des migrations pour désigner une idée politique relativement simple ainsi que les politiques publiques qui la mettent en œuvre : il s’agit d’accorder l’asile aux exilés politiques, mais non sur le sol européen. L’idée n’est pas nouvelle mais devient plus explicite dans un projet du gouvernement autrichien en 1999 puis est théorisée en 2002 par le Haut-Commissaire aux Réfugiés de l’ONU, Ruud Lübbers, ancien premier ministre des Pays-Bas et, en 2003, par le Premier Ministre britannique Tony Blair. Débattue peu de temps avant le Sommet de Thessalonique de juin 2003, elle s’institutionnalise ensuite en politique centrale de l’Union Européenne avec l’appui des gouvernements hollandais, danois, autrichien, italien notamment; et le soutien explicite ou implicite d’à peu près tous les autres.

Au moment même de l’adoption du programme de La Haye (2004), qui prévoit une politique d’« externalisation de l’asile », le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui accompagne la politique d’immigration de l’UE, ouvrait un bureau au Maroc. Une série de camps d’exilés a ainsi été ouverte, en Mauritanie (à Nouadhibou, avec des fonds espagnols12), au Maroc (avec la promulgation de la loi no 02-03 sur l’entrée et le séjour des étrangers au Maroc du 26 juin 2003) ou en Algérie (par exemple le camp d’Adrar ou celui des Rochers, près de Tamanrasset) En juin 2009, l’UE annonçait qu’elle allait ouvrir un autre bureau de réception de demandes d’asile, avec le HCR, en Libye.

Brice Obam
Directeur Marketing Adjoint
Immigration La Référence

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *